Les pièges du traité secret entre l’UE et les USA

Publié le 27 Avril 2014

Le traité transatlantique devant favoriser un grand marché entre l’U.E et les USA est en train d’être négocié en secret. Pourquoi en secret ? Parce qu’il prévoit la fin du salaire minimum, des protections sociales, des services publics, des protections sanitaires, environnementales et alimentaires...Le sachant, seriez vous d’accord ? Non bien sur. Alors ils veulent nous l’imposer !

Le traité transatlantique, un typhon qui menace les européens

Saviez-vous que le 18 octobre dernier un accord de libre échange avait été signé entre le Canada et l’Union européenne ?
Savez-vous qu’un traité semblable est en train d’être négocié en secret entre les USA et l’UE ?
Savez-vous que le président français veut accélérer les négociations pour éviter une « accumulation de peurs » ?

Et il sait de quoi il parle, car en 1998 un accord similaire, l’AMI (Accord multilatéral sur l’Investissement) avait été bouté « cul par dessus tête »devant les très vives protestations des français et des mouvements syndicaux. Et Le Pen (père) allait être au second tour de la présidentielle suivante.

L’accord de partenariat transatlantique (APT) négocié depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et l’Union européenne est une version modifiée de l’AMI. Hollande souhaite donc nous refaire le coup de Lisbonne où les socialistes décidèrent de passer outre le NON français au traité européen. On savait depuis la « guerre d’Algérie » que les socialistes étaient fâchés avec la démocratie, mais on ne pouvait imaginer qu’ils puissent sans vergogne vendre leur pays au plus offrant !

Ce que Hollande et Valls nous préparent, c’est un monde sans salaire minimum, sans protection sociale et sans services publics.
Un monde où l’économie des multinationales nord américaines ferait la loi et nous obligerait à accepter ce qui se pratique déjà chez eux : le gaz de schiste, les OGM [1] , la viande additionnée de bêta-agonistes comme le chlorhydrate de ractopamine [2], les poulets nettoyés au chlore, l’interdiction des médicaments génériques, la fin des lois anti-tabac [3] et la mort du droit d’auteur.

Plus directement, avec cet accord il sera impossible de remunicipaliser comme à Arles, les parkings ou les cantines. Et encore moins d’envisager, pour la gestion de l’eau, un retour en régie directe ou même d’espérer choisir, pour défendre l’emploi, une entreprise locale. Et autant dire que le rachat par une collectivité comme Marseille Provence Métropole des terrains, des bâtiments et des machines de l’usine de thé Fralib équivaudrait pour eux à un crime ... communiste, une véritable abomination. Quand à la SNCM elle serait immédiatement privatisée pour le plus grand profit de Corsica ferries ou d’une entreprise nordique quelconque...

Ces mêmes multinationales pourraient traîner en justice le gouvernement, si d’aventure l’orientation politique de celui-ci avait pour effet d’amoindrir leurs profits. Ils pourraient même réclamer – et obtenir !- une généreuse compensation pour le manque à gagner induit par un droit du travail trop contraignant ou par une législation environnementale trop ferme. [4]

La démocratie et la souveraineté nationale bafouées.

« Parce qu’elles visent à brader des pans entiers du secteur non marchand, les négociations autour du traité se déroulent derrière des portes closes. Les délégations américaines comptent plus de six cents consultants mandatés par les multinationales, qui disposent d’un accès illimité aux documents préparatoires et aux représentants de l’administration. Rien ne doit filtrer. Instruction a été donnée de laisser journalistes et citoyens à l’écart des discussions : ils seront informés en temps utile, à la signature du traité, lorsqu’il sera trop tard pour réagir...

Presque toutes les études sur l’APT ont été financées par des institutions favorables au libre-échange ou par des organisations patronales, raison pour laquelle les coûts sociaux du traité n’y apparaissent pas, pas plus que ses victimes directes, qui pourraient pourtant se compter en centaines de millions. Mais les jeux ne sont pas encore faits. Comme l’ont montré les mésaventures de l’AMI, de la ZLEA et certains cycles de négociations à l’OMC, l’utilisation du « commerce » comme cheval de Troie pour démanteler les protections sociales et instaurer la junte des chargés d’affaires a échoué à plusieurs reprises par le passé. Rien ne dit qu’il n’en sera pas de même cette fois encore. » [5]

Que la France et l’union européenne soient capables d’envisager un tel traité montre à quel point ils font peu de cas de nous autres, les pas riches. Que représentent-ils ? Qui représentent-ils ? Pas nous assurément. Non content de nous imposer l’austérité, les voilà qui veulent nous livrer pieds et poings liés au capital international. Sommes-nous des esclaves que l’on peut vendre ? Comme nous le disons dans l’appel (re)construire du 25 mars

"Si nous laissons faire c’est l’obscurantisme, la réaction et même le fascisme qui gagneront.

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